ACSSENS

Une Approche Centrée sur le Soin et les Sens

 

Auteur:  Jean-Jacques Floret Ostéopathe DO MROF, coach et thérapeute

 

 

Cet écrit est un "brouillon propre":
Un livre écrit au jour le jour et dont les matériaux sont ici offerts. L’édition finale sera différente car remaniée, reconstruite, modifiée

 

"Hinéni moukhane oumezoumane lekayèm"...

(Je suis entièrement prêt à m’investir totalement dans ce que je vais faire...)
 (
Dans « Invitation au Talmud », de Marc-Alain Ouaknin, collection Dominos, Flammarion)

 

 

   

Préambule :

Je me situe comme Ostéopathe et coach, accompagnateur de changement.

Depuis de nombreuses années, je tente de dire ce que je crois et ce que je perçois comme me semblant allez dans une bonne et utile direction pour la pratique que j’ai construite.

Depuis quelques années, je suis membre d'un groupe de coach et de formateurs. J'ai rapidement pris conscience des parallèles entre ces activités. Selon moi, il y a une convergence entre la pratique holistique de l’ostéopathie et celle du coaching: toutes les deux sont au service d'un client qui cherche sa propre solution.

Cet écrit est aussi une proposition et j'espère qu'elle pourra alimenter aussi votre propre recherche.

 

 

 

Introduction

 

Parcours de vie & Contributions positives de handicaps

 

 

Après avoir fait plusieurs petits métiers, comme beaucoup d'étudiant (barman, travail dans une banque, dans un journal parlant de finances et d'économie ....En passant, j'aurai pu devenir journaliste :-) ) , j’ai finalement suivi des études structurées et obtenu un diplôme de Masseur Kinésithérapeute Rééducateur dans les années 1970. Durant ces études il m’est apparu très vite que le plus simple pour étudier était d’apprendre ce qui ne se faisait pas, tout le reste étant permis. Une fois cela établi en ma conscience il me restait à développer observation et imagination pour adapter et proposer à chaque client ce qui me semblait le mieux compte tenu de « son » problème et de sa bonne volonté à se rééduquer.

En même temps, au sein de cette pratique de la kinésithérapie, je ressentais une sorte de frustration à ne pas pouvoir faire « mieux ».
Le métier de MKR est passionnant et bien aidant. Je sentais cependant que je pouvais avoir une offre différente, plus profonde. Je pensais pouvoir accompagner vers un changement plus global et moins superficiel.
Je suis conscient qu’il y a dans cette formulation un risque de malentendu pour certains. Alors si pour quelques uns ce risque devient réel, que, par exemple, les MKR concernés me pardonnent cette formulation pour eux inappropriée. Je m’explique donc. Par superficiel j’entends : le MKR prend, fait et fait faire. Son objectif est de rétablir une fonction et à priori pas d’accompagner un client vers un « changement » global (il faudra que j’explicite ce terme un peu plus loin). Le travail du MKR est profond et fort. Il est foncièrement utile et performant. Il demeure accès sur la récupération d’une fonction et par la même se base sur une vision segmentaire de l’individu. L’ostéopathe, tout comme le coach, considérera en premier le client et non son symptôme, il proposera et accompagnera et ne fera ni pour lui ni à sa place. Tel est mon point de vue.

 

Dans ce développement personnel il y a aussi un élément personnel à prendre en compte. Deux ou trois en fait.

 

A l’âge de six ans, en 1959, je suis tombé d’un arbre et me suis littéralement explosé le coude droit : une fracture luxation de mauvaise augure. Mal réparée, plâtrée sans réduction, un fort déficit de flexion extension en est résulté. J’ai été réopéré à l’âge de 17 ans et à la suite de cette dernière intervention j’ai perdu un peu plus de  pronosupination. Aujourd’hui j’ai une extension à moins 50° env. et une flexion qui ne dépasse pas les 100 °, une amplitude de flexion extension d’environ 40° quant à la pronation elle est limitée à la moitié de « la normale ».

A quoi il convient d’ajouter une cophose gauche depuis la première enfance (surdité totale de l’oreille gauche)

 

Fonctions positives du handicap :

 

La surdité conduit à développer d’autres facultés de perception, à affiner l’observation. Lorsque vous n’entendez pas ou peu ou partiellement ce qui se dit, vous prenez l’habitude de combler les « trous » avec ce qui vous semble approprié.

 

Par exemple reprenez cette phrase :

« La surdité conduit à …… d’autres facultés de perception, à …… l’observation. Lorsque vous n’entendez pas ou peu ou partiellement ce qui se …., vous prenez ….. de ….. les « trous » avec ce qui vous …. Approprié ».

Imaginez qu’habituellement vous entendiez des phrases de ce genre, avec « des trous ». Par la force de l’habitude vous ajouteriez vous-même les mots qui manquent selon votre compréhension du contexte. Vous exerceriez en même temps votre observation pour voir la réaction de votre interlocuteur lorsque vous lui répondrez. Sa réaction vous disant si votre hypothèse était ou non exacte. La surdité vous obligera, au fil des années à développer imagination, observation, adaptation.

L’handicap physique jouera dans le même sens.
Tendez la main pour prendre un verre sur la table devant vous et paf, la bouteille qui est sur le chemin rencontre ce membre supérieur en zig zag… Sans compter que « dans la tête » vous avez toujours la même allonge des deux côté alors que dans le cas présent le membre supérieur droit est plus court d’une bonne longueur de main. Là encore, observer, être créatif dans ses choix de mouvements devient une habitude. Il faut truquer, masquer, créer des chemins originaux, inventer à chaque instant une solution originale, se faufiler, s’adapter, survivre in fine.

Pour la formation en ostéopathie que j’ai suivie, j’ai donc du pratiquement tout réinventer pour pouvoir exercer. Je n’ai jamais pu utiliser d’une façon académique les techniques enseignées, il m’a fallu les remodeler avec mes propres possibilités.

 

En résumé deux handicaps dont les conséquences positives ont été d’imposer un développement de l’acuité perceptive, de capacités d’adaptation, de malléabilité.

 

 Pour rendre quelque chose faisable, il faut commencer par le penser tel.

 

Un principe qui fonde (ma pratique professionnelle):

Dès le début de mes études ostéopathiques, une phase de Rollin Becker D.O. (USA) m’a marqué et a guidé toute la suite de mes études, de mes réflexions, de mes constructions : « seuls les tissus savent », ce que j’ai étendu à : ‘Seul le client sait, même si à un niveau inconscient’.

La conclusion de ce postulat est que le client est mon enseignant. Il ne sait pas qu’il sait, je dois donc l’écouter attentivement de tous mes sens pour le guider là où il veut aller alors qu'il ne connait pas encore le chemin à prendre.

En tant que praticien ma seule obligation est d’être à l’écoute de ce que le client me dit, sur tous les plans. Demeurer dans une attitude d’ouverture, d’accueil, sans préjugé ou tout au moins si une intuition vient quant à « ce qui se passe » savoir la mettre, brute,  de côté pour ne pas perdre le fil de l’observable. Nous reviendrons sur cela lorsque nous décrirons notre pratique.

 

Coaching et ostéopathie, deux approches pour moi  identiques. Je tacherai de faire en sorte que les parallèles de ces pratiques se rencontrent ici et maintenant et deviennent explicites dans ces pages.

 

 

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